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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 02:00

Chers tous,

 

Pour des raisons techniques (la nouvelle version d'overblog ne me convient pas), j'ai transféré les articles sur un nouveau blog dont voici le lien : link

 

Comme j'y raconte des infos un peu persos, je préfère que tout le monde n'y ait pas accès; donc un mot de passe vous sera demandé. Il faudra taper : "prunier" (à vous de deviner pourquoi !).

 

A bientôt sur mon nouveau blog !

 

Armel

Published by meilichan
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 05:46

Alors que les Chinois célèbrent la fête du printemps en janvier/février; les Japonais ont une fête traditionnelle qui célèbre également l'arrivée du printemps (selon le calendrier lunaire). C'est la fête de Setsubun qui a lieu chaque année le 3 février.


"Setsubun" désigne littéralement les nœuds du bambou qui séparent chaque section du tronc. Ces sections symbolisant une saison, le "setsubun" est le moment charnière du passage d'une saison à l'autre. Il existait donc autrefois quatre fêtes de "setsubun", dont seule celle du « commencement du printemps » (risshun) est encore célébrée de nos jours.

 

Setsbun correspond plus précisément  au jour précédant le premier jour du printemps (risshun) dans l’ancien calendrier lunaire. C’est donc la veille du renouveau, l’occasion de se plier à des rituels de purification des maux de l’année passée, d’éloigner les mauvais esprits pour l’année à venir et d’attirer la chance.

 

Cette fête tire ses origines d'une tradition chinoise introduite au Japon au 8ème siècle qui avait pour but de chasser les démons. C’est au 13ème siècle que le rituel du lancer de haricots (mamemaki) est associé à Setsubun.

 

De nos jours, les Japonais célèbrent Setsubun à la maison. La tradition de "mamemaki" consiste à lancer des haricots de soja grillés par la fenêtre en criant « Oni wa soto ! Fuku wa uchi ! » c’est-à-dire « Dehors les démons ! Dedans le bonheur ! » Ainsi, on chasse le mal incarné par les démons et on attire la bonne fortune. Ensuite, on mange le nombre de haricots correspondant à son âge.

 

De plus en plus, Setsubun est célébrée dans les temples plutôt qu’à la maison. Dans certains temples bouddhistes et sanctuaires shintô, il s’agit d’une grande célébration durant laquelle prêtres et invités lancent des haricots. Si à Tôkyô, il est coutume de faire appel à des célébrités (hommes politiques, sumos, stars de la télé...) pour les lancer, à Kyôto se sont les geiko qui sont à l'honneur.

 

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C'est ce qu'on a eu l'occasion de voir au sanctuairen shintô de Yasaka à Kyôto. Les geiko (ou maiko ?) ont exécuté une danse traditionnelle puis ensuite des prêtres et des personnages très maquillés ont lancé les haricots.

 

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Nous étions avalés par la foule qui criait et agitait frénétiquement les bras pour tenter d'en attraper quelques uns. Mon copain et moi sommes repartis bredouilles. En fait, l'événement n'a pas duré longtemps, une quinzaine de minutes; et pourtant, nous étions plusieurs centaines de personnes rassemblées dans l'enceinte du sanctuaire. Nous étions un peu loin et mal placés mais c'était sympa.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:08

Il y a dix ans (déjà !), j'avais fait une petite excursion à Arashiyama, quartier touristique au pied des montagnes à l'ouest de Kyôto. J'en gardais un souvenir extrêmement paisible et bucolique. Le week-end, c'est moins calme, même en hiver. Toutefois, j'ai retrouvé la même plaisante atmosphère. 

 

Durant la période d'Heian (794-1192), Arashiyama était la destination de promenade favorite de la cour impériale. Aujourd'hui, c'est un quartier avec de très élégantes maisons, de magnifiques temples et de très jolies forêts de bambous - sans compter les innombrables cafés, restaurants et magasins de souvenirs. Les ruelles un peu à l'écart de la rue principale sont absoulment charmantes et possèdent une atmosphère unique.

 

Nous avons pris le train depuis la gare de Kyôto jusqu'à celle de Saga-Arashiyama; on y est en une demi-heure. De là, nous avons loué un vélo pour la journée. Les sites ne sont pas trop éloignés les uns des autres et c'est tout à fait faisable à pied mais puisque nous voulions nous promener sans nous fixer de réel but et nous arrêter au gré de nos envies, la bicyclette nous semblait être la meilleure option.

 

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Nous avons tout d'abord visité le Daikaku-ji. C'est l'un des plus anciens temples de Kyôto. Cet ensemble d'édifices a d'abord été un des palais de l'empereur Saga il y a 1200 ans environ. 30 ans après sa mort, ce palais a été transformé en temple. Les bâtiments originaux ont été détruits et ceux que l'on peut voir aujourd'hui ont été reconstruits à l'époque d'Edo (après 1600), dont certains dans le style "shinden-zukuri", c'est-à-dire dans le style des palais et villas aristocratiques de l'époque d'Heian (794-1185).

 

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Il a joué un rôle important dans de nombreux événements historiques. Ainsi, de nombreux empereurs retirés ont gouverné depuis ce lieu et, au 12ème siècle, c'est dans ce temple que ce sont tenus les pourparlers de paix après 50 ans de guerre civile entre les cours impériales du nord et du sud. Le Daikaku-ji apparaît également dans le "Dit du Genji" (Genji Monogatari; 11ème siècle), le premier roman psychologique du monde.

 

Le Daikaku-ji comporte plusieurs bâtiments dont les portes coulissantes sont ornées de peintures, connectés entre eux par une galerie en bois.

 

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Le "plancher rossignol" des galeries couvertes émet un grincement, comme au château Nijô à Kyôto, lorsque vous posez le pied dessus, quelle que soit la légereté de votre pas. En fait, les lames en bois du plancher sont assemblées avec de fines lames de métal de telle façon que quiconque les foule déclenche un crissement rappelant le chant d'un oiseau. Ingénieuse idée pour repérer les éventuels ennemis qui voudraient se glisser subrepticement dans le palais...

 

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Nous sommes remontés sur notre vélo et avons roulé vers l'ouest. Nous avons fait une brève halte au Seiryô-ji. Il est important sur le plan religieux car il contient une statue en bois (1,62 m) de Shaka - l'un des trois bouddhas les plus importants- désignée Trésor national du Japon.

 

 

http://www.bouddhisme-universite.org/sites/default/files/images/Buddha-Seiryoji-987.jpgLa valeur de cette statue tient d'abord à son histoire compliquée. En effet, elle a été commandée par un roi indien très pieux ; plus tard, elle est arrivée en Chine. En 985, un moine japonais en a fait faire une copie en Chine et l'a apportée au Japon. Elle a été vénérée dès lors en tant que « bouddha Shaka venant de trois pays » (Inde, Chine et Japon).

 

Cette statue est également différente esthétiquement de celles existant au Japon à cette époque. Par exemple, elle a des morceaux de crystal dans le conduit auditif. D'ailleurs, elle est à l'origine de nombreuses répliques et a donné naissance à un "style Seiryô-ji".

 

Enfin, cette statue renfermait la reproduction en soie de cinq des organes principaux. Ils avaient la forme et la grosseur des vrais organes. On croit que ces reproducions en soie sont les plus anciennes de leur genre dans le monde.

 

 

 

 

 

Nous sommes remontés sur notre deux-roues et avons poursuivi toujours vers l'ouest en grimpant une petite côte qui nous a menés à un temple unique en son genre : le Otagi Nenbutsu-ji.

 

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Il est connu pour ses 1200 petites statues de "rakan", disciples du bouddha Shaka, commandées par des gens de toutes les régions du Japon entre 1981 et 1991. Chaque statue exprime une expression différente et certaines sont vraiment curieuses.

 

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Nous avons descendu la côte  par une autre rue qui a conservé le style de la période Meiji (1868-1912). La plupart de ses édifices sont d'anciennes "machiya" (maison de bourg), en bois évidemment, qui servaient de logement et d'atelier. Aujourd'hui, beaucoup ont été reconverties en restaurants et boutiques de souvenirs.

 

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Une des boutiques m'a bien plu. Il s'agit d'un magasin dont les objets tous artisanaux sont fabriqués à partir  de cocons de soie.

 

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La propriétaire était absolument charmante : elle nous a offert du thé vert et des wagashi (sucreries japonaises traditionnelles) tout en nous donnant des explications intéressantes. En effet, le cocon est un élément important pour Kyôto parce que les artistes fabriquent avec celui-ci des fils de soie, qui sont ensuite utilisés pour tisser les kimono. Elle nous a ainsi dit que 1,8km de fil peut être produit à partir d’un cocon et que 9000 cocons sont nécessaires pour fabriquer un kimono. Dans ce magasin, les cocons sont pour créer de charmantes petites figurines, extrêmement diversifiées.

 

http://ts3.mm.bing.net/th?id=H.4847546152257510&pid=15.1

http://ts2.mm.bing.net/th?id=H.4971726531395825&pid=15.1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au bout de cette ruelle, nous avons fait une pause dans un autre temple : le Adashino Nenbutsu-ji.

 

On dit que ce temple aurait été fondé au 8ème siècle par Kûkai (ou Kôbô Daishi), fondateur de l'école Shingon, l'une des branches du bouddhisme au Japon.

 

Des rites funéraires étaient accomplis depuis longtemps déjà dans ce quartier, Adashino. Par la suite, les villageaois ont commencé à prier devant des statuettes bouddhiques en pierre symbolisant l'esprit des morts. Elles étaient dispersées un peu partout et cachées dans des bosquets de bambous. Il y a une centaine d'années, elles ont été découvertes et rassemblées dans l'enceinte de ce temple. On en compte plus de 8000, alignées autour d'un stupa et d'une statue de Bouddha en pierre. Cette disposition est une représentation des êtres célestes écoutant les paroles de Bouddha au paradis. Aucune trace n'a été retrouvée quant à la personne à qui était dédiée chaque statuette. En général, seuls les aristocrates avaient droit à une tombe dans le passé.

 

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La nuit du 23 août tous les ans, plus de 1000 bougies sont offertes en offrande à ces statuettes. Il paraît que c'est comme si elles flottaient au milieu des vagues de la lueur des bougies.

 

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Nous avons terminé notre visite en traversant une petite forêt de bambous pour accéder à un cimetière plus moderne.

 

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Remontés sur notre vélo, nous avons fait ensuite une étape au Gio-ji. Adorable petit temple, un peu à l'écart, sur les pentes d'une montagne, niché dans la forêt et les bambous. Avec sa tranquillité et son jardin de mousse, c'est tout à fait le genre de temple que j'aime.

 

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C'est un temple qui appartient lui aussi à l'école Shingon. Le bâtiment principal, reconstruit en 1985, dans lequel on peut voir une statue du bouddha Dainichi qui symbolise l'unité avec l'univers. Toutefois, son jardin est son plus beau bijou.

 

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Forcément, en hiver, les érables sont dépouillés de leurs feuilles... Mais, le jardin a tout de même beaucoup de charme et d'élégance.

 

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La fin de l'après-midi a été un peu décevante dans la mesure où nous n'avons pas pu visiter d'autres temples. Nous avons traversé une jolie de forêt de bambous pour arriver près du Tenryû-ji. Malheureusment, le temple, classé à l'Unesco, était en travaux. Certes, les jardins étaient ouverts au public (sans que le prix d'entrée soit réduit), mais il perdait tout de même de son intérêt.

 

IMGP4885Ensuite, nous avons traversé le célèbre pont Togetsukyo (littéralement "le pont qui traverse la lune"), c'est un peu le symbole d'Arashiyama. Il a été construit en bois pendant la période d'Heian (794-1185), puis rebâti dans les années 30. Avec les couleurs automnales comme arrière-plan, on imagine à quel point le paysage doit être joli. En hiver, c'est un peu plus sombre et monotone.

 

 

 

 

 

 

Nous avons bien roulé pour atteindre le Saihô-ji, plus connu sous le nom de Koke-dera, autrement dit "temple des mousses", classé à l'Unesco. Je rêvais d'y aller mais .... Il faut réserver ! En effet, pour préserver la nature de toute pollution et éviter l'afflux de touristes et donc de véhicules, l'accès est limité aux visiteurs qui ont fait une réservation. Nous nous sommes donc retrouvés bien déconfits devant l'entrée. Je me console en me disant que ce n'était pas la meilleure saison pour le visiter, cependant.... En même temps, comme nous n'avions cherché aucune information sur les sites avant de partir, c'était donc de notre faute.

 

P1080442Nous nous sommes donc repliés sur un temple voisin, le Jizô-in. Comme il est niché dans une abondante forêt de bambous, il est également surnommé "le temple des bambous". C'est un petit temple pas trop intéressant si ce n'est pour son cadre, fondé au 14ème siècle. Il a été l'un des lieux de culte des empereurs sur trois générations ce qui lui a permis de se développer; cependant, il a perdu de sa grandeur au fil des guerres.

 

 

 

Nous sommes retournés près de la gare d'Arashiyama pour rendre notre vélo. Pour repartir vers le centre de Kyôto, nous avons pris le train dans une autre gare tout proche, celle de Keifuku Arashiyama. Elle a été refaite par un célèbre designer industriel, Yasumichi Morita et, maintenant, elle est joliment décorée par une "forêt de kimono".

 

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En fait, il s'agit d'une multitude de mâts drapés de tissu "yuzen" (traditionnellement utilisé pour les kimono) illuminés de l'intérieur.

 

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Yasumichi Morita

Yasumichi Morita


 

C'est une excellente idée - comment conjuguer modernité et tradition - et, au crépuscule, c'est encore mieux !

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 08:15

Nous n'avons passé que deux nuits à Kyôto; alors, nous ne pouvions pas tout voir.

 

Nous avons choisi notamment de revisiter les temples célèbres de l'est de Kyôto. Je les avais tous vus (ou presque), mais c'est avec un réel plaisir - et en dépit des averses - que je suis retournée sur ces lieux enchanteurs.

 

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Depuis la gare près de laquelle nous logions, nous avons pris un bus qui nous a menés près du Ginkaku-ji (temple du Pavillon d'Argent), classé à l'Unesco. Il a été bâti en 1482 pour servir de villa au shôgun Ashikaga Yoshimasa pour sa retraite. Il a été transformé en temple zen à sa mort en 1490. Son jardin est un bel exemple de "karesansui" (jardin sec ou de pierres).

 

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Le pavillon, dont le réel nom est le Kannon-den (Hall de Kannon, bodhisattva de la compassion), comporte deux niveaux et contient - donc - une statue de Kannon. Cependant, l'édifice n'est pas ouvert au public.

 

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Mais, au fait, d'où vient son nom puisqu'il n'est pas recouvert d'argent ? Plusieurs théories à ce sujet. L'une dit que les travaux ont été interrompus avant la fin. Une autre croit qu'il a été surnommé ainsi un siècle plus tard d'après le Kinkaku-ji (le temple du Pavillon d'Or) édifié par son grand-père. Enfin, la dernière - et la plus poétique, à mon avis - explique que son nom vient des nuances argentées que le bâtiment prenait la nuit lorsque la lune se reflétait sur ses murs sombres (à l'époque couverts de laque noire). Ah, l'esprit japonais...

 

Ce pavillon est l'un des deux seuls édifices qui n'a été touché ni par les incendies ni par les séismes. Bien sûr, il est rénové régulièrement.

 

 

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Ce temple est particulièrement célèbre un jardin de pierres et de sable. Le contraste entre les vagues, la "Mer de Sable d'Argent", et le Mt Fuji qui se détache est saisissant.

 

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Après avoir dépassé le Togudo, l'autre édifice qui date du 15ème siècle, qui n'est généralement pas ouvert au public non plus; on arrive dans le jardin de mousse du Ginkaku-ji. Le chemin nous fait traverser des petits ponts, des  étangs et nous fait grimper une petite colline qui donne une jolie vue sur le pavillon.

 

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En sortant du temple, nous avons pris le "Chemin de la philosophie".

 

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Il suit un petit canal sur deux kilomètres que bordent des centaines de cerisiers. Evidemment, début février, ça manque un peu de couleurs... Ce chemin tire son nom de Nishida Kitaro (1870-1945), l'un des plus célèbres philosophes du Japon, dont on dit qu'il avait l'habitude de pratiquer la méditation sur ce chemin en se rendant à l'université de Kyôto.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous sommes arrêtés un instant dans l'un des sanctuaires près du chemin, celui de Otoyo. Son originalité  ? Deux statues de souris jouent le rôle de gardiens. Celle de gauche tient un bol de "sake"; l'autre un parchemin. On dit qu'elles apportent santé, longue vie et bonheur.

 

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Nous avons poursuivi notre route et sommes arrivés au temple "Eikan-dô".

 

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A l'origine, il s'agissait d'une villa qu'un noble de la cour de la période d'Heian (710-1185) a offerte à un moine qui l'a convertie plus tard en temple, lui donnant le nom de "Zenrin-ji" (temple du Bosquet Calme).


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Au 11ème siècle, le Zenri-ji avait à sa tête un moine très populaire, Eikan, dont a été tiré le surnom de ce temple (le Hall Eikan). C'est à Eikan que ce temple doit l'acquisition d'un objet de culte rare : une statue du Bouddha Amida. Mais pas n'importe laquelle.

 

http://www.eikando.or.jp/image/p_amida2-1.jpg

Selon la légende, Eikan marchait dans le temple lorsque la statue, qui regardait droit devant elle, a tourné la tête vers le moine et lui a parlé. Depuis lors, selon l'histoire, cette statue serait restée dans cette position. Ce Bouddha Amida est désormais connu comme celui regardant par-dessus son épaule. On ne peut pas prendre de photo à l'intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons terminé avec la visite du Nanzen-ji (temple Zen du Sud). C'est l'un des cinq grands temples zen de Kyôto et il est également classé à l'Unesco. 

 

L'histoire de cet édifice remonte au 13ème siècle lorsque l'empereur Kameyama fit de cette villa un temple zen (il n'était pas inhabituel à cette époque-là de voir d'anciens empereurs devenir moines). Les bâtiments originaux ont été détruits trois fois par des incendies : en 1394, 1448 et 1467. Le temple actuel date de l'époque Momoyama (1570-1600).

 

IMGP4949On entre dans le temple par une immense porte, Sanmon, construite en 1628.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, on pénètre dans la partie payante avec le Hojo, le hall principal du Nanzen-ji et la résidence dans l'ancien moine en chef.

 

http://ts1.mm.bing.net/th?id=H.4805352375978376&pid=15.1

Il est connu pour les peintures de tigres en feuilles d'or sur ses "fusuma" (portes coulissantes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est également célèbre pour son beau jardin sec dont on dit que les grosses pierres représentent de jeunes tigres traversant l'eau. C'est un bon exemple des jardins dessinés au début de l'époque d'Edo, en 1600, puisque les arbres et pierres sont tous rassemblés dans l'un de ses coins.

 

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Ce jardin est également un exemple de "shakkei" (paysage emprunté); c'est-à-dire que l'on utilise des éléments distants (naturels comme des montagnes) et on les inclut dans la composition du jardin pour lui donner une impression de dimensions infinies. Dans le cas du Nanzen-ji, c'est le mont Yokakuryo Dainichi que l'on voit au dernier plan.

 

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Pour terminer cette journée (même si en fait, c'était un autre soir), nous avons fini par une dernière visite : le Kiyomizu-dera (temple de l'Eau Pure), classé à l'Unesco. Incontournable de Kyôto et unique en son genre.

 

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Les ruelles autour sont des plus touristiques avec des centaines de jolies boutiques de souvenirs (même si on déteste le shopping, on ne peut pas résister à l'attrait des magasins japonais).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Grosse déception à l'arrivée : le Kiyomizu-dera était en pleine rénovation; la partie principale était photographiable, heureusement. En fait, nous avons vu beaucoup de chantiers à Kyôto cette fois-ci. Mon copain soupçonne les autorités japonaises de le faire exprès pour gâcher les vacances des touristes chinois - très nombreux à cette période puisque c'était le Nouvel An chinois. Je suppose que la préservation des édifices en bois demande un soin particulier et l'hiver est quand même la saison la moins touristique, donc je ne pense pas que le Japon soit si malintentionné. Toutefois, les relations diplomatiques ne sont pas au beau fixe entre les deux puissances; alors ça n'est peut-être pas si absurbe. D'autant que je me demande ce que pensent les Japonais des touristes chinois qui parlent fort et ont du mal à respecter les règles. Cela dit, quoi que peuvent penser les Japonais, les touristes chinois sont importants sur le plan économique - tout comme en France, d'ailleurs. J'ai vu un reportage aux informations japonaises qui expliquait que les touristes chinois qui voyagent au Japon dépensent des sommes astronomiques, notamment en produits électroniques et cosmétiques. Ils ont même montré l'exemple d'un Chinois qui a dépensé plus de 300 000 yens (plus de 2000 euros) dans un un même magasin : il avait acheté deux autocuiseurs de riz et plein d'autres articles en double ou triple (pour ses amis ou sa famille sans doute). Ici, en Chine, personne n'a confiance en rien. Ainsi, les Chinois riches achètent beaucoup de produits à Hong-Kong ou lorsqu'ils voyagent à l'étranger. Même mes étudiantes achètent de la nourriture ou des produits cosmétiques à Hong-Kong. Quand aux Chinois qui n'ont pas les moyens... c'est une autre histoire. En attendant, les touristes chinois remplissent bien les poches des pays étrangers.

 

Le Kiyomizu-dera, fondé en 780, tient son nom de la chute d'eau qui se trouve à l'intérieur de son enceinte.

D'ailleurs, en contrebas du bâtiment principal se trouve cette chute dont l'eau - divisée en trois petits ruisseaux- aurait des propriétés thérapeutiques. Il est dit que chaque ruisseau possède une vertu particulière : l'un pour la santé, l'autre pour la longévité et le dernier pour le succès dans les études. Toutefois, boire à ces trois ruisseaux serait considéré comme un signe d'avidité... Faites donc le bon choix...

 

Le Kiyomizu-dera est surtout célèbre pour sa plateforme, soutenue par des centaines de piliers sans aucun clou, à flanc de colline et qui donne une vue impressionnante de Kyoto.

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Nous avons terminé notre journée avec un détour par le quartier de Gion.

 

C'est un nom qui n'est pas inconnu des occidentaux qui y voyaient (y voient encore ?) un monde de fantasmes puisque c'est l'un des quartiers de Kyôto où travaillent encore les fameuses "geisha". Il faut savoir qu'à Kyôto, on ne dit pas "geisha" mais "geiko"-  et "maiko" (pour les apprenties). Une "geiko" signifie une "personne d'arts", autrement dit une artiste. Aussi, lorsque les occidentaux imaginent des sortes de "prostituées de luxe", ils sont à côté de la plaque. Les geiko sont des artistes accomplies qui maîtrisent à la perfection les différents arts japonais. Une geiko a pour fonction de divertir des clients par ses arts et sa conversation. Il n'est pas attendu autre chose d'une geiko. Mais, c'est vrai que ce n'est pas si simple; en tout cas, les choses étaient un peu plus floues dans le passé avec, par exemple, le passage à l'âge adulte d'une maiko - lorsqu'elle devait perdre sa virginité avec un homme qui avait gagné les enchères sur cet "événement". Cette pratique est devenue illégale après 1959. Aujourd'hui, les geiko sont plus protégées par la loi et libres dans leur vie privée.

 

Comme je l'expliquais, les geiko sont formées pour divertir les clients lors de banquets, dîners et autres occasions. En général, ces dîners se déroulent dans une "ochaya" (maison de thé) qui fournit juste une salle avec tatami : la nourriture et les services d'une geiko sont réservés exprès en fonction du client. Les ochaya sont des lieux exclusifs et n'ouvrent leur porte qu'aux clients qu'elles connaissent.

 

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A la différence d'un restaurant, il n'y a pas d'addition à la fin du repas. En fait, toutes les dépenses de la soirée (la salle, la nourriture, les prestations de la geiko, le taxi...) sont ajoutées à la note totale du client qui est prélevée sur son compte à la fin du mois. Il s'agit là, à l'évidence, d'un système basé sur la confiance, c'est pourquoi on ne peut entrer dans ce monde clos que si l'on connaît quelqu'un qui est déjà client et peut être votre garant.

 

Pendant un dîner, les geiko et maiko divertissent les invités. Elles sont chargées d'entretenir une conversation spirituelle tout en remplissant les verres. Elles organisent aussi toutes sortes de jeux où le perdant a souvent pour punition de vider son verre.

 

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Le moment le plus important (bien qu'à mon avis, les invités soient trop ivres pour vraiment apprécier...), c'est lorsqu'elles dansent accompagnées par de la musique traditionnelle, généralement du shamisen (instrument à cordes) joué par une autre geiko. Le nombre de geiko et maiko varie selon le nombre d'invités et ... le budget de l'hôte.


 

 

 

Mon copain et moi avons parcouru avec plaisir les ruelles de Gion avec le secret espoir d'apercevoir une maiko ou geiko se rendant dans une ochaya, mais en vain. Peut-être connaissent-elles des passages secrets pour éviter les touristes qui jouent aux paparazzis ? Nous observions le manège des taxis qui déposaient régulièrement des directeurs ou présidents de société devant différentes ochaya. En tout cas, c'est qu'on peut imaginer puisqu'il faut débourser plusieurs milliers de yens pour ce genre de soirée; ce qui n'est pas à la portée de tout le monde.

 

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Les ochaya sont vraiment très discrètes : pas de carte ou de menu, pas même d'enseigne. A vrai dire, elles ressemblent à de simples entrées de résidences - élégantes résidences, tout de même. On comprend bien que ce monde n'est pas ouvert au passant. Ainsi, même si nous n'avons pas entrevu le visage poudré d'une maiko, notre petite promenade était charmante.

 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 06:16

Ah Kyôto ! C'est tellement cliché d'avouer qu'on aime cette ville. Qui ne l'adore pas ? Mais, je n'y peux rien. Elle a volé mon coeur, et ce, depuis longtemps.

 

C'est à Kyôto que j'ai voyagé pour la première fois, seule. J'y suis retournée quelques années plus tard lors de mon second voyage au Japon. Et depuis, je n'y avais pas remis les pieds. J'étais un peu curieuse de voir si cette ville serait toujours mon coup de coeur. En été comme en hiver (et sans doute encore plus au printemps avec les cerisiers et, en automne, lorsque les feuilles se teignent de rouge), Kyôto est enchanteresse.

 

Kyôto est unique car elle a été la capitale du Japon sur une très longue période. En effet, construite en 794 sur le modèle des capitales de la Chine ancienne, Kyôto a été la capitale impériale du Japon depuis sa fondation jusqu'au milieu du 19ème siècle. Kyôto signifie d'ailleurs "la ville capitale". Ironiquement, alors que Kyôto a été détruite plusieurs fois par des guerres et des incendies, elle a été épargnée - à dessin - par les raids aériens et la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

En toute sincérité, je crois vraiment que Kyôto est la capitale historique de l'Extrême-Orient. Certes, Beijing est impressionnante; cependant, Beijing est juste....grande. Tout est disproportionné, plus que dans n'importe quelle ville du monde sans doute : la taille des avenues, des palais, des parcs, des places, etc.... Mais, voilà, ça coupe le souffle au début, puis on se rend compte que les édifices ne sont pas aussi raffinés qu'on le pensait, que les sites ne sont pas si bien préservés, et finalement, qu'il n'y a pas ni véritable authenticité ni profond mystère.

 

Kyôto au contraire ne fait peut-être pas grande impression au début. C'est une assez petite ville (1,5 million d'habitants) et, au premier coup d'oeil, elle est semblable à toutes les villes japonaises : un imbroglio de poteaux et fils électriques, des maisons de toutes les formes, tous les styles et toutes les hauteurs, des édifices historiques coincés entre deux immeubles modernes,... La fameuse expression qualifiant le Japon : "tradition et modernité".

 

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(gare de Kyôto; vue sur le grand hall)                                                                 (ruelles autour du sanctuaire Yasaka)

 

 

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Toutefois, lorsque vous commencez à vous promener, vous êtes envahi d'un indéfinissable sentiment d'harmonie, de plénitude et d'admiration.

 

J'ai parcouru Kyôto de long en large lors de mes deux précédents voyages; pourtant, j'ai encore été éblouie par la beauté de l'architecture de ses temples et sanctuaires ainsi que la poésie de ses jardins. Même en hiver, même sans neige, c'est magnifique. A Kyôto, on sent le poids de l'histoire comme dans nulle autre ville. On ne peut qu'aimer l'ambiance séculaire des petites rues serpentantes, admirer les temples prestigieux et les anciennes grandes demeures, se poser un instant et s'asseoir sur le bois doucement réchauffé par le soleil hivernal tout en se laissant bercer par le chant de l'eau qui coule d'une fontaine en bambou et par les fragrances de l'encens, se perdre dans la contemplation d'un jardin qui se devine entre deux portes coulissantes...

 

Kyôto, c'est un arc-en-ciel de sensations. Je n'essaierai pas plus de la décrire : des gens bien plus intelligents et sensibles en ont écrit des pages et des pages; mais, vous aurez compris sans doute à quel point cette ville me touche.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 11:56

Le lendemain, nous nous sommes levés aux aurores (6h quand même !) pour pouvoir attraper le bus de 7h pour Gokayama. Ce site est en fait composé de plusieurs villages avec des fermes et demeures de style "gassho-zukuri".

 

Les villages sont assez éloignés les uns des autres; donc ne comptez pas vous y rendre à pied. Par contre, le bus ne passe que tous les 3 heures, alors ne le ratez pas ! Nous ne nous sommes pas arrêtés au premier village, Suganuma, car il n'était que 7h30, qu'il pleuvait et que tout était fermé. Nous avions un peu peur de finir gelés en attendant le prochain bus 3 heures plus tard. Suganuma occupe une terrasse dominant la même rivière qu'à Shirakawa-go, la Sho. Il est tout petit avec seulement 9 maisons de style "gassho", dont la plus récente n'a été construite qu'en 1929.

 

Nous avons plutôt opté pour Ainokura, un peu plus loin. A 8h, tout était encore fermé et le soleil n'était décidément pas au rendez-vous ce jour-là.

 

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Pour nous réchauffer, nous avons grimpé un chemin enneigé nous donnant un joli point de vue sur le village.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ainokura se trouve également sur un plateau en terrasses, au-dessus du cours de la Sho, et compte 20 maisons de style "gassho".


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En raison du relief montagneux, la culture traditionnelle japonaise du riz n'était pas très productive dans cette région, ce qui explique que les paysans se soient tournés vers d'autres cultures céréalières telles le sarrasin et le millet qui acceptent des champs plus petits. Les quelques produits commercialisables de la région étaient notamment le papier japonais (washi) fait de fibres de mûrier, arbre que l'on rencontre dans la région et les produits de base de la sériciculture. La production de papier s'est poursuivie tout au long de la période Edo mais a décliné quand les procédés de fabrication occidentaux sont apparus au 19ème siècle. L'industrie de la soie a survécu plus longtemps, du 17ème siècle jusque dans les années 1970. Le besoin de grands espaces pour l'élevage des vers à soie et le stockage des feuilles de mûrier ont, par ailleurs, eu une incidence très forte sur la multiplication des maisons de type "gassho".


 

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Dans l'une des anciennes fermes transformée en petit musée folklorique, nous avons pu observer et jouer du "sasara". Il s'agit d'un instrument à percussion traditionnel utilisé pour accompagner les chansons populaires et les danses. Il se scompose de très nombreuses plaquettes de bois reliées par un cordon tressé. On joue du "sasara" en utilisant les poignées de chaque côté et en faisant onduler les plaquettes.

 

 

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Lors de cette matinée, nous n'avons croisé que deux habitantes et pas un touriste ! Vers 11h20, le bus est arrivé.

 

Je rêvais depuis longtemps de visiter cette région. C'était à la hauteur de mes attentes. J'aimerais bien y retourner à une autre saison.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:58

Cette année, nous avons fui la Chine lors de la fête du Printemps pour nous évader pendant une petite semaine au Japon. L'hiver n'est peut-être pas le moment idéal, mais le Japon a du charme à toutes les saisons - affirmation d'une véritable thuriféraire de ce pays qui ne cesse de m'enchanter. Et de fait, quoi de mieux que de se promener dans de jolis villages sous la neige en hiver ?

 

Au Japon, les saisons sont très marquées. Qui n'a pas vu sur internet cette éternelle image d'un bus entouré sur les deux côtés par de hauts murs de neige découpés comme des falaises ? Et bien, c'est au Japon que ça se passe.

 

Nous avons choisi les sites de  Shirakawa-go et Gokayama - classés au patrimoine mondial de l'Unesco - pour débuter notre périple.

 

Leur particularité ? Des maisons à l'architecture traditionnelle et unique.

 

En effet, les habitations y sont construite dans le style "gassho-zukuri". Ce mot barbare est en fait une référene poétique à leur toit de chaume en forme de triangle pentu, comme des mains jointes en prière (gassho) - imaginez un moine bouddhiste en prière - afin de supporter le poids de la neige abondante dans cette région des Alpes japonaises. Les habitants nous ont dit qu'il était tombé moins de neige cette année mais le spectacle était tout de même superbe.


Le village de Shirakawa-go comporte encore plus d'une centaine de maisons de ce type dont certaines datent de 250 ans.

 

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Ce sont de grandes maisons de 18m de long sur 10m de large sur plusieurs niveaux, où plusieurs générations vivaient ensemble. Le rez-de-chaussée servait de lieu de vie; le dernier niveau était traditionnellement réservé à l'élevage de vers à soie.

 

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Ces habitations étaient évidemment bâties sans clou ni vis. Les poutres étaient uniquement assemblées par des cordes de paille.

 

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Ornés de fenêtres, les pignons assuraient ventilation et clarté ; les ouvertures à chaque extrémité de la maison garantissaient la circulation de l'air. Le plafond à claire-voie permettait à la fumée du foyer central de monter jusqu'au toit, protégeant ainsi le chaume contre l'humidité. Un chaume bien fumé pouvait durer cinquante ans. Le village entier participait à son renouvellement.

 

Plusieurs demeures ont été transformées en musée et sont ouvertes au public, nous permettant ainsi d'observer les techniques architecturales du toit.

 

Nous avons visité la maison de la famille Nagase. En 2001, son toit a été refait pour la première fois depuis 80 ans. Cet événement a suscité beaucoup d'intérêt au Japon et plusieurs volontaires se sont présentés pour participer aux travaux. Au total, plus de 500 personnes ont pris part à la reconstruction (comme le montre la 2ème photo, celle publiée sur un journal de l'époque).

 

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Nous avons logé dans l'une de ces habitations, transformées en "minshuku" (auberge). Nous avons séjourné à l'auberge Juemon, à l'entrée du village, un peu à l'écart. C'est une ancienne ferme de 270 ans.

 

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Nous avions une petite chambre avec des tatami, sans aucun meuble. Pour atténuer le froid, un gros tapis était posé sur les tatami et nous avons apprécié le "kotatsu". Il s'agit d'un support de bois de faible hauteur recouvert d’une couverture épaisse, sur lequel repose une planche servant de table. On s'asseoit sur un coussin, en arrangeant délicatement la couverture sur nos jambes et on se laisse doucement réchauffer (car le kotatsu chauffe par-dessous). C'est parfait pour le bas du corps. Mais pour être honnête, le haut du corps, lui, ne se réchauffe pas vraiment... Pendant longtemps, ce système a été le seul moyen de se chauffer au Japon et il est toujours utilisé dans certaines familles en plus du chauffage moderne. C'est très convivial : on peut manger, discuter, etc, tout en étant bien au chaud.

 

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Nous nous sommes régalés d'un excellent dîner très montagnard (n'imaginez pas de la raclette comme en France); autrement dit : poisson de rivière, beaucoup de 山菜 (légumes de montagne),... La propriétaire a égayé notre repas en nous jouant quelques airs populaires au "shamisen" (instrument à cordes pincées). 

 

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C'est bucolique à souhait. En plus, en hiver, les touristes sont moins nombreux, ce qui est appréciable. Le soir, nous nous attendions à des illuminations, mais je pense qu'ils n'en font que le week-end quand il y a plus de visiteurs. C'était un peu dommage, mais nous étions ravis de notre journée. C'est un de ces lieux magiques qui ne peut que plaire à tout le monde et quelque soit la saison.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 16:46

Un petit mot tout de même sur Sandakan. Nous y sommes arrivés tard le vendredi soir et partis dans la matinée du dimanche, ayant passé toute la journée du samedi à observer des orangs-outans, nasiques et autres animaux.

 

En fin de compte, nous n'avons rien vu de la ville par manque de temps. En même temps, je ne suis pas sûre qu'il y ait grand chose à visiter.

 

 

C’est la seconde ville de l’Etat de Sabah. C’est également le deuxième plus important port de Sabah, après Kota Kinabalu, en particulier pour l'huile de palme – ce n’est pas une surprise -, le tabac, le cacao, le café...

 

Elle est encore plus sinophone que le reste de la région. On le voit à la grande profusion des pancartes écrites en chinois. Selon notre chauffeur de taxi de samedi, sur 20 bâtiments à Sandakan, 18 sont détenus par des Chinois (Sino-Malaisiens). Comme je l’ai déjà évoqué, ils sont très influents sur le plan économique en Malaisie. Ils possèdent la plupart des hôtels, restaurants, etc... D’ailleurs, si l’on trouve des restaurants qui servent de l’alcool (par exemple, de la bière), on peut être certain que son propriétaire est un Chinois (généralement, plutôt bouddhistes).

 

Sandakan est une ville très étrange. On ne sait pas trop où est le centre, des quartiers résidentiels modernes sont en pleine construction alors que, pas loin, on aperçoit des baraques en bois sur pilotis où logent les nombreux immigrés (dont une partie clandestine), indonésiens ou philippins.

 

Le centre-ville a connu un grand chantier de rénovation ces 10 dernières années pour en refaire le centre du commerce de la ville car il avait été déserté, notamment en raison de la présence des immigrés. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit très concluant. Certes, on y trouve désormais le grand marché central, un marché à poissons, quelques hôtels luxueux et des restaurants le long de la mer.

 

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Le marché aux poissons (enfin, je me doute que vous vous en doutiez...)

 

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Le marché central (plutôt propre, les produits bien présentés, moins d'odeurs qu'en Chine)

 

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Stand où nous avons pris notre petit-déjeuner. On a choisi divers plats (un peu au hasard, il faut bien le dire), le tout accompagné de riz. C'était... une expérience. Pas mauvais, mais encore une fois, je trouve que la cuisine en Malaisie manque de saveur, surtout comparée à la Chine.

 

Mais, pour être le centre d’une ville de plus de 150 000 habitants, il m’a semblé très calme (à moitié abandonné), pas très affriolant et plutôt sale. Certes, les rues un peu plus loin sont plus animées car elles possèdent des commerces qui vendent des produits de la vie quotidienne et qui intéressent les gens locaux.

 

Mon impression sur Sandakan reste mitigée. En fait, je ne sais pas trop quoi penser de cette ville. Elle n’est pas chinoise, ou philippine ou occidentale ; je ne suis pas plus certaine qu’elle soit malaisienne. Ou peut-être justement qu’elle l’est plus que les autres de part son incroyable mixité. Des temples chinois impressionnants, des églises catholiques... Où se cachent donc les mosquées ? Vraiment, je les ai cherchées à Sabah... Je m’attendais à les repérer facilement grâce aux minarets, mais mon regard en a rarement accroché... Preuve que ce n’est pas un problème de manque d’observation de ma part, j’ai trouvé ce chiffre sur un site en anglais : à Sandakan, on trouverait (sous réserve de la fiabilité de ce site) 20 églises, 10 temples (dont 2 hindous) et 5 mosquées. Si ce n’était la présence de femmes voilées (et encore, leurs voiles sont si jolis et colorés qu’ils ressemblent plus à un accessoire de mode qu'à un signe religieux), on ne se rendrait pas compte que l’on est dans un pays à majorité musulmane. Pour le coup, aux Philippines, la religion catholique, dominante était beaucoup plus perceptible (messe en plein aéroport, bus avec des images de Vierge Marie, des « God quelque chose » partout...).

 

Dimanche, nous avons donc décollé de Sandakan en milieu de matinée. L'aéroport est lilliputien. Nous avons traversé le tarmac pour rejoindre notre petit avion. Nous étions une petite dizaine de passagers.

 

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Le vol jusqu'à Kota Kinabalu (souvent désignée par les lettres KK) est court, moins d'une heure. Nous espérions apercevoir le Mt Kinabalu, mais - évidemment - il était caché sous un épais manteau de nuages...

 

Peu avant l'arrivée à KK, nous avons vu plusieurs îles, certaines avec des villas, et d'autres envahies par des grappes d'habitations sur pilotis, ccomme à Sandakan. Je suis à peu près certaine qu'il s'agit là encore d'immigrés, en situation plus ou moins régulière.

 

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De KK, nous n'avons pratiquement rien vu puisque le 1er jour, nous avions filé directement jusqu'au parc du Mt Kinabalu et, le dernier jour, nous n'avions qu'un après-midi que nous avons passé sur une île à faire du snorkeling.

 

Beaucoup de touristes à KK passent une journée à visiter deux ou trois îles pour tester différents sites de snorkeling ou profiter de la plage. La plupart des départs se font le matin. Nous ne sommes arrivés au port que vers 13h30. Nous étions un peu inquiets, nous demandant si nous allions pouvoir trouver un bateau. Après avoir tenté auprès de plusieurs comptoirs, un employé nous a proposé deux places sur un bateau avec 4 autres passagers. Autour de nous, nous entendions du chinois partout. Tout à coup, tous les touristes chinois que nous avions perdu de vue depuis le 1er jour réapparaissaient là. J'avoue que je n'ai pas du tout aimé la façon dont les affaires étaient menées dans le port touristique de KK. Soudain, nous étions en Chine. Finis les prix fixes, la gentillesse des employés. Bonjour les magouilles, les prix prohibitifs, les petits mensonges et les grosses omissions... L'employé de ce comptoir parlait un chinois parfait (c'était d'ailleurs peut-être un "vrai" Chinois ? Un Chinois de Chine ? pas un sino-malaisien ?). Il nous a proposé un prix scandaleux et même si nous avons pu négocier un peu, nous savons que nous nous sommes fait arnaquer. Mais, nous n'avons pas trouvé d'autres bateaux, alors nous n'avions pas le choix... Ensuite, l'embarcation qui nous devions prendre à 14h15 est arrivée avec une bonne demi-heure de retard. L'employé n'arrêtait pas de nous dire que le bateau était sur le point d'arriver, que c'était la faute de ceci ou cela... Tout ce cirque était tellement "chinois" !! Aucune honte à annoncer des prix faramineux, à arranger les problèmes en en créant de nouveaux qui affectent les autres, à répondre rudement, à accumuler les mensonges... Désolée, mais je vois ça tous les jours ici. Ne prenez pas ça pour de la critique anti-chinoise systématique. C'est juste que quand quelque chose m'énerve,  ça m'énerve, que ce soit en France ou en Chine.

 

Bref, en fin de compte, nous n'avons pu faire du snorkeling que sur une île, celle de Sapi.

 

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(ça, c'est la photo faite en partant, nous étions parmi les derniers, c'est pouquoi on voit peu de gens)

 

Des Chinois partout, des cris, des bousculades, plusieurs bateaux faisant la queue pour récupérer leurs passagers, une plage couverte de monde, sale avec des tas de détritus et de restes de nourriture... Est-ce que ça ne dérange pas les touristes de marcher dans leurs déchets ?

 

Premier côté où nous avons fait du snorkeling : un désastre, pas de coraux en vue ni même de poissons ! Nous sommes sortis de l'eau complètement déçus. Nous avons testé un autre côté de la plage. Là, c'était déjà mieux quoique l'on voyait des bouteilles en plastique qui flottaient par ci par là. En nous éloignant (pourquoi tous les plongeurs restaient-ils agglutinés aux mêmes endroits ?), nous avons découvert de forts jolis coraux et poissons colorés. Les coraux étaient diversifiés et denses. Je ne suis pas une grande "snorkeleuse", alors pour mon niveau, c'était parfait. Je me suis régalée, en fait.

 

En plus, je me suis bien amusée. Je n'ai jamais vu de poissons si ... agressifs. Ils collaient mon copain, il était entouré par plusieurs dizaines de poissons colorés et je l'ai vu sursauté à quelques reprises. En sortant la tête de l'eau, il m'a expliqué que des poissons .... l'avaient mordu !! Incroyable ! Pas au point de faire mal, mais tout de même, c'était comme une petite décharge. J'étais hilare  surtout quand il m'a sorti que c'était sans doute parce qu'il avait mangé des crevettes le midi et que ses doigts devaient en avoir gardé l'odeur... Pendant l'heure ou plus où nous avons fait notre balade sous-marine, ce manège n'a pas cessé. J'avoue à ma grande honte que je ne pouvais pas m'empêcher de pouffer tellement la situation était inédite et drôle.  J'ai moins ri quand j'ai aperçu à moins de deux mètres de moi un barracuda (en tout cas, mon copain qui s'y connaît en poissons, m'a bien assuré que c'en était un). Il n'était pas très grand, mais tout de même, ces bestioles-là n'ont pas l'air très sympathiques. Je préfère les petits "Nemo" (orange et blanc). Enfin, il a filé son chemin sans me jeter un regard, j'ai poursuivi le mien sans le quitter des yeux...

 

 

DSCN9079Nous étions de retour à KK en fin d'après-midi. Petit détour par des restaurants en plein air qui proposaient du poisson et des fruits de mer frais, quelques boutiques de souvenirs et voilà, notre petite semaine à Bornéo s'achevait.

 

De KK, nous n'avons franchement rien vu, encore moins qu'à Sandakan. Nous avons aperçu une ou deux mosquées. Sinon, la ville est plutôt petite, les édifices assez vieillots, la circulation n'est pas terrible, les rues sont un peu sales... Cela dit, je répète que c'est une impression de deux ou trois heures maximum passées dans le centre de cette ville.

 

 

 

 

 

 

 

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Le lendemain, nous avons pris l'avion à 6h du matin pour retourner à HK !

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 16:30

Après notre joli moment avec les orangs-outans, nous sommes sortis du centre en fin de matinée.

 

Un peu indécis, nous avons décidé de rejoindre le Rainforest Discovery Center. Il est situé à un ou deux kilomètres du centre de réhabilitation des orangs-outans et il se trouve également dans la réserve de la forêt de Kabili-Sepilok.

 

En chemin, nous avons croisé un sorte de charmant mille-pattes et de jolies fleurs.

 

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J’ai également fait connaissance avec une plante que je trouve absolument fabuleuse : le Mimosa pudique ou Sensitive qui porte bien son nom car au moindre choc (le vent, la pluie, le toucher) ses feuilles se replient !! Ce mouvement permet à la plante de se protéger des intempéries comme des prédateurs herbivores. Une fois le danger passé, les feuilles se redéploient. Voir : link

On la trouve dans les pelouses, les friches et sur les bords de route (exactement notre cas).

 

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J’ai bien passé 10 minutes à jouer avec sous le regard légèrement amusé de mon copain qui la connaissait déjà.

 

Nous avons repris notre route et avons atteint le Centre de découverte de la forêt tropicale. Il a pour vocation d'informer les visiteurs à l’aide de panneaux sur les différentes espèces de la faune et de la flore de Bornéo. D’autre part, il possède un long parcours sur une passerelle qui permet d’observer de plus près la canopée. On estime qu'environ 250 espèces d'oiseaux vivent dans la canopée de ce Centre. Les touristes les plus chanceux peuvent apercevoir les espèces endémiques à Bornéo tels que les pittas, trogons, etc...

 

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Pour être honnête, je suis sûre que le site est intéressant, mais soit nous ne savons pas observer la nature, soit la chance nous a fait défaut. Résultat de nos deux heures de promenade : un seul animal au compteur...

 

Nous avons en effet aperçu un « tupai » (scandentien), petit mammifère au mode de vie arboricole. Il possède une longue queue touffue un peu comme les écureuils. Les scandentiens partagent leur vie entre les arbres et le sol dans les forêts tropicales en Asie du sud-est.

 

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Donc, pour la faune, pffff. Toutefois, à notre décharge, nous avons mal choisi notre moment. La jungle ne s’éveille vraiment qu’à la nuit tombée puisque, dans la journée, il fait trop chaud. Cela dit, on a apprécié la densité de la jungle et la hauteur impressionnante des arbres. C’est incroyable !

 

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Actinodaphne glomerata (arbre persistant d'Asie tropicale (haut : 18 m) aux fruits globuleux)

 

En partant, nous avons décidé de louer les services d’un taxi pour l’après-midi pour nous mener à un autre parc puis nous ramener à Sandakan. Le chauffeur était très sympa. Il nous a menés dans un restaurant local (tenu par des Chinois). Ensuite, il nous a conduits au sanctuaire de Labuk Bay où l’on peut observer des singes nasiques. Le parc a été créé par un planteur de palmiers à huile (un Chinois encore, nous dit encore notre chauffeur). D’ailleurs, le parc se situe dans une forêt de mangroves, encerclé par les plantations de palmiers.

 

Le nasique habite dans les forêts pluviales de l’île de Bornéo. Il s’alimente de feuilles, des fruits et de graines qui lui sont essentielles. L'évolution a fait du nasique un primate parfaitement adapté aux mangroves de l'île de Bornéo.

Il s’agit d’un genre de mammifère primate caractérisé par un nez mou et volumineux. Cependant, les femelles ont un nez plus petit et pointu.

 

 

 

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Le nasique se déplace à quatre pattes, il saute d'arbre en arbre et nage à la manière des chiens. Cet animal est un excellent grimpeur et un plongeur audacieux qui peut se jeter à l’eau depuis une hauteur de 15 mètres. Le nasique a un sens aigu du danger et dès qu’il se sent menacé, il se réfugie sous l'eau.

 

Cet animal n’a – à mon avis - certainement pas le charme des orangs-outans. Avec leur gros nez et leur ventre proéminent, on dirait de vieux messieurs avachis sur un banc...

 

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Ils devaient être nourris vers 16h, mais étaient déjà présents depuis un bon moment. J'ai même cru que, contrairement au Centre de réhabilitation des orangs-outans, ce parc fonctionnait plus sur le mode "zoo". Mais, je me suis trompée car une fois le repas terminé, il ne leur a pas fallu 5 minutes pour déguerpir. Occupée à observer des oiseaux, j'ai même failli manquer leur départ. Soudain, tout le monde a levé le camp et ils ont rejoint la lisière de la forêt et nous les avons rapidement perdus de vue.

 

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Outre les nasiques, nous avons côtoyé de près des Langurs argentés (ou Semnopithèque à coiffe), un autre singe, reconnaissables à leur petite crête grise au sommet de leur crâne et à leur moustache grise. Leur longue queue leur sert de balancier.

 

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Les petits sont de façon surprenante... roux ! Ils deviennent gris vers 3 mois. Ces singes sont également présents dans les mangroves d’Asie du sud-est. Ils vivent en groupe sous l’autorité d’un mâle dominant.

 

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Ils sont extrêmement mobiles et vifs, un peu trop à mon goût (j’ai un traumatisme lié à une mauvaise rencontre un petit matin d’été au Japon avec des singes, bref, c’était dans une autre vie). Mais les petits sont tout de même très mignons.

 

 

Autre rencontre : le Calao pie (Anthracoceros albirostris) est une espèce d'oiseau de la famille des Bucerotidae qui se trouve en Asie du sud-est. L’Etat de Sabah possède 8 espèces de ces Bucerotidae, dont le Calao pie. Le cri de ces oiseaux est très particulier, assez bruyant, mais pratique pour les repérer ! Leur longue et large queue les rend très élégants en vol.

 

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Voilà pour notre journée nature à Sandakan. Et encore, je n'ai pas tout montré car les autres photos ne sont pas terribles. Mais, nous avons vu d'autres jolis petits oiseaux bleus dont j'ignore le nom, un crabe bleu aussi dans les mangroves, etc...

 

C'est un plaisir pour les yeux. Et sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, cela nous rappelle à quel point la nature est mystérieuse et à quel point, pour le commun des mortels, elle nous reste totalement inconnue et, finalement, lointaine.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 16:06

Nous sommes arrivés en début de soirée, le 4 octobre, à Sandakan. A l’origine, nous devions y passer deux jours complets, mais en raison du retard que nous avions pris sur notre programme, il ne nous restait plus qu’un jour sur place car nous avions déjà réservé notre vol Sandakan-KK (Kota Kinabalu) pour le dimanche en milieu de matinée.

 

Le samedi a été une journée « Nature, Nature ». Nous avons débuté par une visite au centre de réhabilitation des orangs-outans de Sépilok, à une vingtaine de kilomètres de Sandakan.

 

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Ce centre touche la réserve forestière de Kabili-Sepilok. Construit en 1964, réparti sur 43 km², il a pour vocation de secourir les orangs-outans  orphelins de la région et de les former pour survivre à l'état sauvage dans la jungle de Bornéo. Aujourd'hui, environ 80 orangs-outans vivent librement dans la réserve.

 

Le centre est notamment spécialisé dans le soin des bébés orangs-outans orphelins et leur enseigne les techniques de survie qu'ils auraient dû apprendre de leur mère dans des conditions normales. Par ailleurs, les visiteurs ne sont pas autorisés à voir les bébés qui sont plus sensibles et ont plus de risques d’attraper des maladies transmises par les humains.


Pour le reste, les orangs-outans ne sont pas gardés en captivité, mais sont libres d'aller et venir comme bon leur semble. Cependant, pour les protéger, le centre ne permet pas aux visiteurs de circuler librement dans la forêt. Pour pouvoir observer les orangs-outans, il faut attendre l’heure des repas (à 10h et à 15h). Or, comme il ne s’agit pas d’un zoo et que les animaux sont déjà dans la nature, il est très possible qu’ils ne se présentent pas au repas ! Dans notre cas, nous n’avons vu que 5 orangs-outans.


Mais, au fait, que sait-on sur les orangs-outans ?


D’abord, le nom « orang-outan » vient du malais orang hutan, qui signifie littéralement « homme de la forêt ».

On comprend parfaitement ce nom puisque les deux espèces d'orang-outan (celui de Bornéo et celui de Sumatra) font partie, avec les chimpanzés et les gorilles (en Afrique), des grands singes hominoïdes, les primates les plus proches des humains. Et de fait, avec ses arcades sourcilières peu marquées, ses yeux vifs et ses nombreuses mimiques, l'orang-outan nous ressemble de façon incroyable.


D’autre part, c’est le plus gros mammifère arboricole, le seul des grands singes à passer sa vie entière dans les arbres. Du matin jusqu'au soir, il se déplace de branche en branche en se servant de ses mains et de ses pieds en crochet pour assurer ses prises. Il progresse lentement à la recherche de sa nourriture, ainsi suspendu à plusieurs mètres du sol, ce qui le met à l'abri des prédateurs terrestres et ... de l'homme. Seuls les grands mâles descendent parfois à terre, leur taille les protégeant mieux contre leurs ennemis.


Tous les soirs, chaque orang-outan se fait un nid dans les arbres. Pour le construire, il casse quelques branchages qu'il dispose autour de lui sur la fourche d'une branche maîtresse à environ 20 m du sol. Puis il recouvre cette structure de lianes, de brindilles et de feuilles pour la rendre plus confortable et douce à ses fesses nues – comme celles de l'homme – et donc fragiles. À la différence d'autres singes, l'orang-outan est dépourvu de callosités fessières. Leur technique de fabrication du nid est tellement au point que l'ensemble de l'opération ne dure que quelques minutes et permet ainsi aux orangs-outans de changer de couche chaque jour.


L'orang-outan est essentiellement frugivore : son régime se compose pour les deux tiers de fruits, durians, jaques, mangues, litchis, mangoustans, figues... C'est le plus gros mangeur de fruits de la planète. Mais il se nourrit également de feuilles, de lianes, de jeunes pousses et de petites proies animales comme les termites, les fourmis, voire le contenu d'un nid d'oiseau.


Deux fois plus lourds que les femelles, dotés d'un pelage plus épais et d'une barbe touffue, les grands mâles se distinguent de celles-ci encore davantage en développant, avec l'âge, une face véritablement étonnante. Ils ont en effet de chaque côté des joues une sorte d'excroissance en forme de demi-lune, le disque facial ; mais celui-ci n'apparaît que tard dans la vie du mâle. Les jeunes mâles atteignent la maturité sexuelle entre 7 et 10 ans et peuvent rester dans cet état, que l'on appelle subadulte, jusqu'à 14 ans, tant que la présence d'un mâle dominant empêche leur développement complet.


A Sepilok, pour aller les observer, nous devons d’abord payer (30 ringgits) ; inscrire notre nom, prénom, blablabla (encore !), laisser notre sac à la consigne (certains orangs-outans seraient-ils facétieux ?), puis on nous badigeonne les mains d’un désinfectant (même si, en fait, on n’approche ni ne touche les animaux) ; enfin, on parcourt quelques dizaines de mètres sur une passerelle en bois avant d’atteindre une plateforme d’observation.

 

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Puis, là, on attend. Un ranger dépose une cargaison de fruits sur une plateforme plus loin (à 50 mètres ? plus ?). Un réseau de câbles et de cordes permet aux orangs-outans de glisser des frondaisons des arbres vers les plates-formes nourricières. L’attente reprend. Soudain, une corde au-dessus de nos têtes s’agite. Nous levons tous les yeux. Le mouvement se fait plus violent et, voilà, le miracle : un orang-outan surgit de nulle part en se balançant gracieusement pour rejoindre la nourriture.

 

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Les orangs-outans ont l'air très souples ; ils utilisent aussi bien leurs mains que leur pieds. Certains mangent leur fruit la tête en bas, se tenant simplement par les pieds. D’autres font des figures incroyables dans une chorégraphie improbable mélangeant pieds, mains, jambes, retournements, rotations du buste,...

 

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(photo sans zoom)

 

Un gros orang-outan (un jeune mâle ? il n’avait pas ce visage particulier des grands mâles ) est apparu ; il a pris place sur la plateforme et n’en a plus bougé. Il enfournait les fruits avec la régularité d’un métronome.

 

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J’ai l’impression que c’était le chef de la bande car lorsqu’une mère avec un petit accroché à elle est arrivée et essayait de se servir; il lançait son bras violemment dans sa direction pour l’en empêcher. Elle a réussi à attraper quelques fruits mais non sans mal. Les autres orangs-outans, plus jeunes, venaient se servir acrobatiquement, prenant garde de ne pas approcher le « Big Boss » de trop près et repartaient aussitôt pour déguster leurs victuailles un peu plus loin.


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L’orang-outan, qui peut vivre jusqu’à 60, voire 70 ans quand il n’est pas menacé, partage 97% de son génome avec l’homme. C’est néanmoins ce dernier qui représente la plus grande menace pour lui, avec la déforestation liée au développement urbain, aux plantations de palmiers à huile et aux exploitations forestières. Aujourd’hui, la population des orangs-outans est estimée à quelque 11 000 individus dans l’Etat de Sabah pour un total d’environ 60 000 sur l’île de Bornéo. C’est dans la partie indonésienne de Bornéo, là où les trois quarts des orangs-outans vivent en dehors des forêts protégées, qu’ils sont le plus menacés.

 

J’ai vraiment été fascinée par leur souplesse, leurs acrobaties et par leur visage si ressemblant au nôtre. On ne voyait pas le temps passer ; nous étions hypnotisés par le spectacle qu’ils nous offraient. Moi, qui n’ai jamais vraiment été intéressée par les animaux, je dois avouer que je me suis régalée. C’est bien mieux qu’un zoo !!

Published by meilichan - dans Malaisie
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